Robert Mallet-Stevens (1886-1945)

Rob Mallet-Stevens (1886-1945), architecte à l’origine décorateur d’intérieur, réalise au début de sa carrière plusieurs décors pour des films. Il est symbolique de l’architecture moderne et cubiste.

Issu d’un milieu aisé (son oncle est le Baron Adolphe Stoclet), il fréquente l’aristocratie et la grande bourgeoisie. Il obtint sa première commande importante en 1923, la villa Noailles à Hyères, dans le Var. Éclectique, il réalise par la suite un garage à Paris, des hôtels particuliers dans le XVIème arrondissement, des ateliers d’artistes dont l’atelier Barillet, la villa Cavrois dans le Nord, la Villa Poiret, le casino de Saint-Jean-de-Luz, une caserne de Pompiers… Dans les années 20, les voies privées (dénommées villas), souvent en impasse et bordées de petites maisons, se généralisent dans Paris. Dans le quartier d’Auteuil, Mallet-Stevens réalise vers 1926-1927 une cité moderne idéale en édifiant un groupe d’hôtels urbains dans une voie privée (aujourd’hui appelée rue Mallet-Stevens) donnant dans la rue du Docteur Blanche à Paris. Parmis ces hôtels, citons son agence (aujourd’hui siège de la Fondation Hippocrène), la maison atelier de ses amis les frères Jean et Joël Martel et la maison de gardien.

Les bâtiments de la rue Mallet-Stevens se caractérisent par :

  • des jeux de cubes parfaitement blancs et lisses pour « unifier l’aspect de la façade, car les volumes comptent plus que les détails constructifs »,
  • des décrochés, gradins, tours, jeux d’ouverture, auvents car « l’architecte sculpte un énorme bloc, la maison ». Les jeux de volumes, qui respectent les préceptes des Congrès Internationaux de l’Architecture Moderne (lumière, fonctionnalité, ventilation, santé…), sont animés de gradins et de décrochements, de volumes en cubes et en cylindres. Les jeux de vide/bâti et de retraits/gabarits, qui améliorent l’illumination de la rue et des bâtiments, créent également des terrasses. Les décors, concentrés dans les vitraux et le mobilier, animent les volumes.

« L’architecture moderne peut faire autre chose qu’un bloc compact ; il peut jouer avec une succession de cubes monolithes. La décoration rapportée n’a plus de raison d’être. Ce ne sont plus quelques moulures gravées dans une façade qui accrocheront la lumière, c’est la façade entière. L’architecte sculpte un bloc énorme : la maison. Les saillies, les décrochements rectilignes formeront de grands plans d’ombres et de lumière… Surfaces unies, arêtes vives, courbes nettes, matières polies, angles droits, clarté, ordre. C’est la maison logique et géométrique de demain ».
Robert Mallet-Stevens
(La villa Noailles / Cécile Briolle, Agnès Fuzibet, Gérard Monnier / Editions Parenthèses).

Un Commentaire à “Robert Mallet-Stevens (1886-1945)”

  1. » Rentrée architecturale : Rob Mallet-Stevens et Claude Parent Maisons Privées a écrit :

    […] privées a réuni le temps d’une journée deux architectes du XXème siècle ; Mallet-Stevens, et Claude Parent. Ils ont été chacun dans leur style précurseurs pour leur […]